Mon souhait est de fournir quelques éléments aux personnes s’interessant à ce que l’on appelle aujourd’hui tout simplement ‘’la Salsa’’ et de rompre ainsi avec des idées fausses et réductrices comme la pseudo opposition entre Salsa Cubaine, Salsa Colombienne ou Salsa Portoricaine.
HISTORIQUE
XVI siècle. A Cuba les rythmes espagnols, français, africains engendrent des genres musicaux nouveaux nés de l’inspiration des musiciens noirs alors en esclavage. Ils sont accompagnés d’instruments métissés – ni africains ni européens – tels le ‘’Tres’’, la ‘’Conga’’, le ‘’Bongo’’ les ’’Timballes’’.
Au XVIII siècle. Le ‘’Danzon’’, issu de la contredanse est remplacé par le ‘’Son’’ d’inspiration afro hispanique s’accompagnant d’instruments musicaux peu onéreux.
Parallèlement, une immigration massive de Portoricains et de Cubains dans le quartier del Barrio de New York permet la naissance d’un nouveau rythme : le Mambo qui fait fureur aux Etats-Unis puis dans le monde entier.
C’est ainsi qu’au XX siècle apparaît le ‘’Tcha Tcha Tcha’’ puis la ‘’Pachanga’’.
Des années 60 jusqu’à nos jours, la révolution Castriste de 1959 amène en masse de nouveaux immigrants cubains et portoricains vers New York (communauté latino de New York la plus défavorisée).
Ainsi la Salsa est née et il faut attendre les années 90 pour que cette musique, symbole de métissage culturel et message de révolte contre l’oppression américaine résonne au-delà des mers et des frontières.
Grâce à une succession de circonstances socio politico économiques et aussi grâce au génie de grands musiciens, la Salsa, ‘’sauce piquante’’ (mélange de multiples influences) est née dans le spanish-Harlem de New York sur des rythmes afro-cubains, colombiens et dominicains, orchestrée par les portoricains.
DIFFERENTS STYLES DE MUSIQUE. La Salsa n’est pas un simple rythme, mais elle n’a pas non plus un seul style. La Salsa est une danse ‘’ouverte’’ capable de représenter tous les pays dont elle est issue. De ce fait, la Salsa ne pouvait pas naître d’une musique radicalement nouvelle. C’est un mélange de traditions dans lequel peut apparaître aussi bien un ‘’ tango’’ qu’une ‘’ ranchera mexicaine’’ une ‘’gaita’’ une ‘’cumbia’’, un ‘’Son’’ ou un ’’guaguanco’’.
La Salsa n’est pas seulement une musique mais elle développe une atmosphère, une façon de vivre de nouveaux liens entre individus. En un mot, elle crée une ‘’communauté salsera’’. Cette musique a une dimension sociale et populaire. Le langage ‘’salsero’’ évoque un monde de références partagées par l’ensemble des auditeurs.
A ses débuts, cette musique se présente sous deux aspects. L’un exprime les douleurs et les joies quotidiennes, l’autre s’inspire des chants traditionnels. Elle devient soit un stimulant qui permet de surpasser les problèmes de l’existence, soit un élément qui calme les passions. C’est pourquoi les classes moyennes et supérieures de la société latino-américaine dansent au rythmes des ‘’bongos’’ célébrant ainsi la gaîté. Les classes défavorisées, en quête de liberté écoutent la musique ‘’ cartera’’ disant leur souffrance. Tous les états d’âme sont exprimés par la musique de la Salsa.
Dans la musique New-yorkaise les rythmes et les sonorités de la ‘’pop’’ du ‘’ raga’’ et du ‘’hip hop’’ se retrouvent. En vogue chez les jeunes, elle puise ses influences dans la « Romantica » et ses rythmes dans la ‘’Timba’’.
La ‘’Colombienne’’ conserve un certain classicisme utilisant des textes narratifs auxquels elle associe un style qui lui est propre
La ‘’Cubaine’’ est un métissage entre les musiques africaine et occidentale, (cette dernière étant de plus en plus présente). Très rythmée, elle est empreinte de sonorités de jazz et de funk.
La « Portoricaine » est un mélange de sons cubains avec des influences de jazz, le tout orchestré savamment par des musiciens portoricains.
DIFFERENTS STYLES DE DANSES
La Salsa admet une grande liberté dans l’enchaînement des passes ou de la chorégraphie. On distingue cependant trois grandes familles :
La Salsa Colombienne.
Elle se pratique face à face avec un pas de base sautillé. Les passes sont peu nombreuses. Cette danse n’est pas très technique malgré des jeux de jambe élaborés en ‘’miroir’’. L’esthétique et le style des danseurs paraissent être le plus important.
La Salsa Cubaine, style Casino a été chorégraphiée dans les clubs et écoles de danse de Cuba. Populaire et facile d’accès elle est dansée dans la rue. Plus élaborée que la colombienne sa technique et ses combinaisons restent simples. Le pas de base ‘’arrière- arrière’’ se fait sur place en se déhanchant. Elle se danse sur le premier temps de la musique.
La Salsa Portoricaine.
Elle se rapproche des danses de salon et dérive du ‘’mambo’’. Plus élaborée que la cubaine, elle se caractérise par des techniques de guidage, de tours et de shines (jeux de jambe), offrant des variations infinies, qui confèrent à cette danse une grande richesse et des possibilités de chorégraphies les plus diverses. Elle se danse en ligne autour d’un axe avec un pas de base ‘’avant- arrière’’.
On en distingue deux sortes :
‘’Los Angeles Style’’ qui se danse sur le premier temps de la musique.‘’New York Style’’ qui se danse sur le deuxième temps (sur la clave).
Conclusion :
Malgré des différences de styles et de techniques, des difficultés plus ou moins grandes, les Salsas colombiennes, cubaines, portoricaines peuvent pourtant se danser sur une même musique. On peut donc passer d’un style à l’autre selon la ligne mélodique et l’inspiration du danseur.
Actuellement, dans tous les congrès internationaux, c’est la Salsa Portoricaine qui est la plus primée en raison de sa complexité chorégraphique et de ses grandes possibilités d’improvisation et d’évolution. C’est alors que le « métissage des styles » devient indispensable.
Le but de la salsa est de faire danser mais aussi de créer de nouvelles passes, de nouvelles chorégraphies, de s’amuser, d’échanger avec de nombreux partenaires. Plus on pratique des styles différents, plus on sera capable de s’adapter. L’essentiel est de rester à l’écoute de la musique, d’intérioriser le tempo.
La Salsa reste alors une danse de liberté, de créativité, d’improvisation !